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[Divagation] "De toute façon, je ne suis pas une vraie fille !"

  • Photo du rédacteur: Lhys
    Lhys
  • 7 août 2019
  • 4 min de lecture

C'est que j'ai dis à ma psychologue il y a des années de ça, et elle n'avait pas apprécié du tout la remarque. A l'époque, je crois que je n'avais pas vraiment saisie pourquoi, puis-qu’à mon sens, ce n'était pas une insulte. Mais aujourd'hui c'est différent et je voudrais vous raconter un morceau de ma vie.

Arrivée en DUT Informatique, j'ai eu le sentiment d'avoir enfin trouvé ma place. Je n'avais plus besoin de personne pour exister. Je n'étais plus "l'amie de" ou celle qui était invitée parce que son amie populaire l'était (pour celles qui passerait par là, ce n'est pas un reproche, une attaque ou une pique, c'est un fait). J'étais moi et je ne devais mes nouveaux amis qu'à une seule personne, moi. Mon passage du lycée aux études supérieures m'a permis de commencer une nouvelle page blanche. Je ne connaissais personne dans ce nouvel établissement et personne ne me connaissait. Je pouvais être qui je voulais. Et je n'ai pas eu beaucoup à me forcer. Je pense ne vexer personne en disant que l'univers informatique est principalement masculin. Et je ne me suis jamais sentie aussi à ma place que parmi cette bande de joyeux lurons. Parce que vous voyez, les garçons ou en tout cas, ceux là, ils ne sont pas compliqués. Et par dessus tout, ils sont honnêtes. Et ça fait un bien fou. Mais il n'y a pas que ça. J'aime les blagues grivoises, les jeux de mots nuls, parler de sexe, les jeux vidéos, Donjon&Dragon, en bref, que des sujets étiquetés comme masculins. Alors, j'ai pu me lâcher et être tout simplement moi. Et ce pendant les 3 années que j'ai passé à l'IUT (normalement c'est 2 mais que voulez-vous, une année du bac compliquée + un baby foot, ça donne pas beaucoup de concentration sur les cours). Et "Me lâcher", ça passait aussi par avoir un regard critique et un peu cinglant sur les filles autour de moi, surtout qu'une des filières présente dans le bâtiment avec nous était l'opposé de la mienne, à savoir rempli de filles. Rempli de "vraie fille". Parce que, comme je l'ai entendu des centaines de fois :

De toute façon, t'es pas une vraie fille toi !

Mais qu'est ce que c'est une vraie fille ? Je crois qu'à partir d'ici, on va rentré dans un des stéréotypes les plus présents sur la gente féminine, et j'aimerai lui casser les dents. Une "vraie" fille, ça n'est pas vulgaire dans son langage, ça ne parle pas de cul à tout va, ça ne fais pas de blague un peu beaucoup degueu (En fonction de votre seuil de tolérance), ça ne joue pas aux jeux vidéos. ça n'est pas moi quoi. Mais je crois qu'à l'époque, je l'ai poussé encore plus loin. Pour moi, une "vraie" fille, ça mets des heures à se préparer le matin (je dois passer 15min dans la salle de bain le matin, le temps de prendre une douche), ça se maquille, se vernit les ongles, porte des bijoux, mets des jupes et des talons, juge les autres et crache dans le dos. Même si il m'est arrivée de me maquiller (on me le faisait remarquer d'ailleurs!), les heures passées devant un écran et les yeux qui gratte m'ont rapidement fait arrêter (et je pouvais comme ça gagner 5 minutes de sommeil, rendez-vous compte!) et même si j'avais 1 ou 2 robes ou jupes dans mon placard, elles sortaient rarement. Entre autre parce que je ne voulais pas attirer l'attention (mais c'est un sujet que j'aborderai une autre fois) et parce que, avec le recul, je ne voulais pas être une "vraie" fille, parce que j'étais terrifiée à l’idée de perdre la complicité masculine nouvellement acquise et si chère à mon cœur.

Mais me voilà, des années plus tard, toujours avec des amis merveilleux et que je n'échangerais contre rien au monde, avec du vernis, des bagues, un collier et plus d'une jupe ou robe dans mes placards. Un peu plus "vraie" fille quoi. Et vous savez quoi ? Tout le monde s'en fou et les comportements n'ont pas changé. Et vous savez quoi ? Le mien non plus, il n'a pas changé. La seule différence maintenant, c'est que je sais que ces nouveaux amis n'étaient pas là parce que je n'étais pas "une vraie fille" et que mon apparence n'avait aucune importance, ils étaient là pour moi, pour ce que je suis à l'intérieure de ma caboche. Et cette évidence, elle arrive après être tombée bien bas mais au moment où je suis en train de gravir une pente compliquée : reprendre confiance en moi. Parce que oui, mon entourage masculin a permis que je prenne confiance en moi, que je devienne la personne que j'avais envie d'être alors même si je l'ai perdu aujourd'hui, je sais que je peux la retrouver.

Aujourd'hui, alors que les combats augmentent pour l'égalité des sexes, la liberté sexuelle, le droit d'être ce qu'on veut comme on le veut, j'ai compris que je ne voulais pas rentrer dans une case. Je ne veux pas être le stéréotype médiatisée de la fille, ou celui de la fille garçon manquée ou tout ce qu'on voit sur le net.

J'ai compris ce que je voulais être et même si le chemin est long, je veux simplement être :

Moi.

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